Découvrez quatre exemples de bio-construction

À la rencontre de 4 personnes ayant le choix d’une construction écologique
Si la construction saine a pour objectif de vivre dans un environnement de meilleure qualité, elle peut prendre des formes très différentes. Voici quatre exemples de réalisations à orientation écologique (situés à proximité du salon Habis), une maison individuelle en pisé, une autre en brique monomur, des locaux professionnels et une auto-construction bio.

• A la rencontre de Michelle et Claude Renaudin

La maison créative qui respire la nature – Thiers (Puy-de-Dôme)

« Nous voulions une construction neuve à orientation écologique qui restitue l’énergie de la nature. Cette réalisation devait parfaitement s’intégrer dans le paysage, à l’image des maisons traditionnelles que l’on trouve dans le Forez » expliquent Michelle et Claude Renaudin. « Cette idée germait depuis plusieurs années déjà car l’agencement de notre ancienne maison ne correspondait plus à notre mode de vie actuel. Nous nous sommes renseignés sur les matériaux et les techniques entrant dans le cadre de la construction écologique. Nous avons participé à plusieurs salons et rencontré des personnes qui avaient suivi la même démarche ».

Située sur d’anciennes vignes (coteau sud de Thiers), cette maison à l’architecture audacieuse a d’abord fait l’objet d’une étude d’implantation sur le terrain afin de profiter au maximum du soleil. « Nous avions réalisé nos croquis, il fallait trouver un architecte pour les mettre en œuvre. Dès que nous avons rencontré Jacky Jeannet, nous avons pu donner corps à notre projet » témoignent-ils. « Au départ, nous souhaitions une maison en bois ou bien en paille mais la découverte du pisé a été une révélation, d’autant plus que cette ressource est disponible dans la région. Le pisé est un matériau régulateur, c’est un véritable isolant thermique, idéal pour nous qui souhaitions retrouver l’ambiance des pays chauds. Les premiers coups de pelle ont été donnés en mars 2005. Les murs ont donc été montés en pisé par une entreprise de maçonnerie de « La Monnerie - Le Montel » qui utilisait ce matériau pour la première fois. Les pièces d’en haut sont réalisées en ossature bois avec la participation d’une entreprise de Saint-Rémy sur Durolle ». La maison d’une surface de 160 m2 est un bel exemple de réalisation à orientation écologique. Elle est composée de deux niveaux, un rez-de-chaussée avec un grand séjour et cuisine attenante, un WC, une salle de bain, un bureau et une chambre. Un escalier circulaire mène au premier étage où l’on trouve une chambre, une salle d’eau et une magnifique mezzanine donnant sur les pièces de vie. La couverture a été réalisée avec des tuiles en terre cuite. La charpente et les encadrements de fenêtres sont en bois. L’isolation sous toiture est en laine de mouton. Le chanvre a été choisi pour les cloisons intérieures, quant aux planchers, c’est la ouate de cellulose qui a été privilégiée car elle favorise l’isolation phonique. En ce qui concerne le chauffage, Michelle et Claude ont opté pour une chaudière à condensation avec un appui solaire (installation de capteurs sur le toit en cours) pour l’eau chaude sanitaire. Le crépi sur les murs intérieurs est réalisé avec un mélange de chanvre et de chaux complétant ainsi l’isolation. L’installation des chenaux a été pensée pour la récupération de l’eau afin de la ré-utiliser pour arroser le jardin. À découvrir également : le balcon extérieur en bois qui offre une vue imprenable sur la Chaîne des Puys.

• A la rencontre d’Annie Richard et Georges Souillat

Vivre en harmonie avec les éléments de la nature – Chaptuzat (Puy-de-Dôme)

Avant d’opter pour une construction neuve, Annie et Georges ont longtemps cherché à restaurer une maison ancienne. Mais, ils n’ont jamais trouvé leur bonheur. « Nous avons donc décidé d’utiliser les techniques actuelles qui respectent l’environnement. Nous avions découvert en Suisse, des constructions bois avec des intérieurs très fonctionnels et cela nous avait beaucoup plu. Passionnés par la nature, adeptes de la randonnée, pratiquant le feng shui – l’art de vivre en harmonie avec les éléments de la nature - Annie et Georges ont fait le choix d’une maison écologique. Leur réalisation est en tout point remarquable. Ils ont tout d’abord fait appel à un géobiologue pour déterminer l’emplacement de la construction en fonction des failles, courants d’eaux et réseaux magnétiques du terrain. Située en zone protégée (l’église de Chaptuzat est classée Monument Historique), la maison souhaitée ossature bois et bois a du être réalisée en briques monomur. « Une technique que notre maçon n’avait jamais utilisé auparavant. Un spécialiste est venu de Roanne pour le former » se plaisent-ils à souligner. Côté sud, les murs en brique sont de 20 centimètres associées à de la laine de chanvre, un parepluie et un magnifique bardage en mélèze. Le crépi extérieur (côté nord, sur briques monomur 30cm) a été réalisé à la chaux afin de favoriser la respiration du matériau. À l’intérieur, c’est un plâtre à l’ancienne avec badigeons à la chaux que l’on trouve sur les murs. Le revêtement du sol a été conçu avec des dalles en terre cuite de Laschamps, parquets châtaignier et mélèze. Dès le début du projet, Annie et Georges ont imaginé un système géothermique pour chauffer leur maison. Le réseau horizontal enterré devant la maison s’étend sur 300 m2. Il est directement connecté à la chaufferie. Disposant d’un chauffage par le sol, tous deux précisent que la consommation en électricité servant à faire l’appoint semble très modérée. Si le sous-toit est isolé avec de la laine de mouton, le plafond et le plancher de l’étage le sont avec du papier cellulose broyé, qu’il a fallu étaler au râteau entre les solives. Pour l’eau chaude, les panneaux et capteurs solaires ont été positionnés sur le toit. «  Un peu de soleil et l’eau chauffe immédiatement. Nous avons également installé un interrupteur de champs magnétiques sur le circuit électrique des chambres ( pas de pollution magnétique à la tête des lits la nuit). Enfin, le système de récupération de l’eau de pluie avec cuve enterrée aux abords de la terrasse permet l’arrosage par gravitation du potager ». Cette maison de 160 m2 comprend deux niveaux. Au rez-de-chaussée, elle est composée d’une cuisine entièrement en bois et inox, d’un grand séjour, de deux chambres, d’un bureau, d’une salle de bain et d’un WC. Au premier, on trouve un atelier, une verrière qui encadre l’escalier, une serre, une chambre, une salle de bain et une terrasse.

• A la rencontre de Dominique Agier

Les bureaux écologiques en bois naturel de l’agence d’Architecture Planète Bleue – Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

Architecte spécialisé dans la bio-construction, Dominique Agier se doit de montrer l’exemple. C’est pourquoi, il construit actuellement “ des bureaux totalement écologiques et économiques sur le court terme ”. Avant même la construction de ses locaux professionnels, ce qui surprend au premier regard, c’est le lieu d’implantation : en pleine zone d’activités entre La Pardieu et Aubière (au sud de Clermont-Ferrand). “ À l’origine, le terrain (1500 m2) était un potager. Nous avons gardé cet esprit afin de préserver une partie des espaces verts cultivables ”. Le bâtiment d’une surface de 150 m2 accueillera son agence d’architecture mais aussi une salle de formation, une salle de sophrologie et le cabinet de consultation de son épouse. Agé de 36 ans, cet architecte passionné a choisi de construire son bâtiment en panneaux de bois massif autrichien. En Allemagne et en Autriche, cette technique est couramment utilisée pour la construction des écoles. Le bâtiment dont le toit est en bois est composé de trois parties (dont une sur pilotis) reliées entre-elles par une passerelle en bois. Les fondations ont commencé en mars dernier. Livrés en kit, les pans de murs en bois naturels ont été montés en une journée courant avril. À l’intérieur, tout a été pensé pour favoriser le confort des occupants. Ainsi, le système de chauffage à granulés - lui aussi d’origine autrichienne - et l’isolation des murs par l'extérieur en fibre de bois ont été privilégiés. Dominique a également des idées bien précises concernant l’utilisation et la consommation d’énergie. Il a opté pour des fils électriques blindés qui assurent une ambiance particulièrement douce sans pollutions électro-magnétiques. À l’extérieur, la récupération de l’eau de pluie rejetée dans le terrain évitera l’engorgement de la station d'épuration. Un puits existant dans le jardin servira à l’arrosage des espaces verts. Les visiteurs ne devront pas s’attendre à trouver un parking bitumé car ce revêtement est extrêmement nocif pour l’eau qui une fois polluée nécessite un traitement. L’aire de stationnement de Planète Bleue sera réalisée en sable “ comme un terrain de boule ”. Ainsi, l’eau s’écoulera sans problème et ne subira pas l’impact d’installations techniques. Pour Dominique, “ la qualité de vie proposée par ces bureaux sera largement supérieure aux locaux professionnels traditionnels en métal et laine de roche qui utilisent le chauffage électrique et climatisation. De plus l’impact sur l’environnement sera 8 à 10 fois inférieur. Nous n’utiliserons pas de climatisation l’été. Au départ, l’investissement est 10% supérieur par rapport à la construction de bureaux standards mais il est rentabilisé dans les premières années. La nature est très économe, nous devons l’être aussi ”.

A la rencontre de Dalia Sala et Pierre Dutheil

Auto-construction bio à Teilhède

Grâce aux nombreux voyages que nous avons effectués, nous avons été sensibilisés à différentes formes d’habitats naturels” expliquent Dalia Sala et Pierre Dutheil. Cet enseignant de 47 ans, passionné par le travail manuel, était disposé à réaliser lui-même, en grande partie, sa propre maison. Il explique “une maison, nous n’en faisons qu’une par vie, alors je voulais que la mienne soit le reflet de ma personnalité”.

“Avant même l’implantation, nous avons fait venir un géobiologue pour déterminer le positionnement de la maison et son exposition à l’ensoleillement et au vent”. Une fois l’emplacement choisi, Pierre a construit peu à peu sa maison sous l’oeil attentif d’un architecte devenu ami. “Après avoir monté les murs en pisé, nous avons recherché à être cohérents afin d’obtenir le meilleur cadre de vie possible. Ainsi, nous avons privilégié la pose de cloisons en panneau de bois sans colle toxique. Nous avons également installé un système de chauffage par le sol avec une pompe à chaleur qui capte les calories de la terre”.

Le chantier a duré deux ans. “Nous vivons dans cette maison depuis l’an 2000 et chaque jour je me réveille en me disant que j’ai une chance extraordinaire d’habiter ici. L’ambiance y est particulière, calme et très reposante. Je pense que l’isolation en béton de chanvre contribue à cette atmosphère”. Mais Pierre est surtout satisfait de l’équilibre thermique de sa maison. Il explique “lors de la canicule estivale, la température ambiante à l’intérieur n’a jamais dépassé 24°. Cette année, le chauffage n’a fonctionné que sept semaines seulement. Une faible consommation qui vient également de notre mode de vie car nous tenons à avoir un comportement citoyen”.